2019-06-08 16:57

La fourrure des ours polaires fait un super isolant

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Inutile de les tuer pour avoir chaud: des scientifiques chinois sont parvenus a recréer leurs poils en matière synthétique.

Grâce à ses poils creux, l'ours se rit du froid, de l'humidité et du vent.

Grâce à ses poils creux, l'ours se rit du froid, de l'humidité et du vent.

(Photo: iStock)

  • Michel Pralong

Pour pouvoir vivre dans les régions polaires, mieux vaut être équipé, ce n'est pas Mike Horn qui dira le contraire. L'ours blanc est particulièrement bien doté en la matière, notamment grâce à sa fourrure qui est très particulière. Car, contrairement à la plupart des mammifères, ses poils sont creux, comme on peut le voir au microscope ci-dessous.

Image: USTC

L'air qui circule dans la structure à fibres creuses diminue la conductivité thermique des poils d'ours polaires, qui sont en outre étanches. Ces poils sont de plus particulièrement légers, puisque creux, souples et se plient l'un après l'autre, et non tous ensemble. Bref, c'est le parfait isolant. Évidemment, pas question de se mettre à traquer l'ursidé, déjà qu'il est l'une des premières victimes du réchauffement climatique. La bonne nouvelle, c'est que des chercheurs de l'Université des sciences et de la technologie de Chine (USTC) sont parvenus à recréer artificiellement de la fourrure d'ours, rapporte ZME Science.

Pouvoir produire plus

Ils ont donc créé un aérogel à tube de carbone à l'échelle macroscopique (CTA), extrêmement léger, isolant, souple, étanche et très résistant. Il est même plus extensible que les poils d'ours eux-mêmes, selon les résultats publiés dans la revue «Chem». Il ouvre selon les scientifiques de belles perspectives pour la conception de matériaux à haute performance, légers, superélastiques et isolants thermiques, pouvant trouver une large application dans le domaine des matériaux d'ingénierie bioinspirés, notamment pour l'aérospatiale. Reste toutefois encore à réduire son coût élevé et à pouvoir le produire en grande quantité car, pour l'instant, les chercheurs ne sont parvenus qu'à en fabriquer que quelques centimètres à la fois. S'ils réussissent, l'homme pourra être reconnaissant à l'ours blanc et peut-être également trouver le moyen d'empêcher sa disparition.

Le Matin