2019-10-08 19:23

Le candidat Karoui veut un report de la présidentielle

Tunisie

Incarcéré depuis fin août, le candidat à la présidentielle tunisienne Nabil Karoui a déposé un recours afin de reculer la date de l'élection.

Nabil Karoui est poursuivi par la justice dans une affaire de blanchiment.

Nabil Karoui est poursuivi par la justice dans une affaire de blanchiment.

(Photo: Keystone)

L'un des deux candidats au second tour de la présidentielle en Tunisie, Nabil Karoui, incarcéré, a déposé mardi un recours en justice. Il demande un report de ce scrutin, prévu dimanche, jusqu'à ce que Nabil Karoui soit libéré pour faire campagne.

Le recours fait valoir que l'égalité des chances n'est pas respectée entre les deux candidats, a expliqué à l'AFP l'un des avocats du candidat, Nazih Souei. Le tribunal administratif a confirmé avoir reçu ce recours, sans détailler dans quel délai il pourrait y répondre.

L'homme d'affaires et des médias est en prison depuis le 23 août dans le cadre d'une enquête pour blanchiment. Il avait déposé le 30 septembre une demande officielle à l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie) pour «pouvoir se déplacer dans tous les gouvernorats pendant la campagne, et être en contact direct avec les médias», a indiqué son parti Qalb Tounes dans un communiqué.

«En l'absence de réponse, de la part de l'Isie, nous avons demandé le report du second tour jusqu'à l'expiration des motifs de l'inégalité des chances», ajoute ce communiqué.

Pas de retrait

«M. Nabil Karoui tient à son droit de se présenter au deuxième tour de la présidentielle anticipée», écrit son parti, démentant des «rumeurs» selon lesquelles il envisagerait de se retirer.

L'Isie ainsi que de nombreux responsables politiques tunisiens et des observateurs internationaux, avaient appelé à ce que Nabil Karoui puisse faire campagne de façon équitable.

La date de l'arrestation de ce candidat, peu avant la campagne présidentielle, et ses modalités juridiques, ont alimenté des soupçons d'instrumentalisation de la justice.

Le premier finaliste de la présidentielle, l'universitaire Kais Saied, a annoncé samedi qu'il cessait de faire campagne afin de respecter l'égalité des chances avec son adversaire en prison.

Selon plusieurs sondages, le parti de Nabil Karoui, fondé il y a six mois, est arrivé deuxième aux législatives de dimanche dernier.

afp