2019-09-02 14:34

Une commission auditionne la direction des CFF

Suisse

Andreas Meyer fait face à un flot de critiques suite à la mort d'un contrôleur, coincé par la porte d'un train en raison d'un défaut de fonctionnement de la protection anti-pincement.

La commission des transports du Conseil national a passé sur le grill le directeur général des CFF Andreas Meyer.

La commission des transports du Conseil national a passé sur le grill le directeur général des CFF Andreas Meyer.

(Photo: Keystone)

La direction des CFF doit enfin s'atteler à sa tâche, estime la commission des transports du Conseil national. Elle a auditionné lundi le directeur général Andreas Meyer après l'accident qui a coûté la vie à un contrôleur début août à Baden (AG).

La direction des CFF devrait mieux faire ses devoirs et pas se contenter de toucher de hauts salaires, a déclaré devant la presse la présidente de la commission Edith Graf-Litscher (PS/TG). Elle doit aussi mieux prendre en considération ses employés. Le personnel des CFF lui fait bien son travail, a-t-elle souligné.

Les critiques envers la direction des CFF font suite à la mort d'un contrôleur, coincé par la porte d'un train au départ du convoi en raison d'un défaut de fonctionnement de la protection anti-pincement. Traîné par le train, il a succombé à ses blessures.

Les moyens financiers, dégagés par les politiques, devraient davantage être investis dans le fonctionnement du réseau actuel. Les moyens financiers sont là. Le fonds de financement ferroviaire FAIF a été accepté par le peuple à cet effet, a rappelé la conseillère nationale.

La direction des CFF doit aussi revoir ses priorités. Avant de développer de nouvelles applications, elle doit se concentrer sur le travail de tous les jours. Elle a aussi négligé certains domaines, comme l'entretien de certains trains.

Rapports attendus

La commission, qui a également entendu le responsable du trafic voyageurs des CFF Toni Häne, ne pointe pas du doigt personnellement les membres de la direction des CFF. Elle attend les conclusions de l'audit externe commandé par l'Office fédéral des transports ainsi que du rapport du service suisse d'enquête de sécurité (SESE) pour savoir quand la direction a été mise au courant des problèmes.

Tant Andreas Meyer que Toni Häne ont affirmé devant la commission regretter l'accident et tout mettre en oeuvre pour résoudre les problèmes. Malgré ses critiques, la commission salue les mesures prises par les CFF immédiatement après l'accident, a ajouté Mme Graf-Litscher.

La présidente a en revanche émis des doutes sur la communication des dirigeants de l'ex-régie. Il semble qu'ils aient privilégié la tactique du salami, a-t-elle regretté.

Problèmes connus

Ce week-end, en réponse à des articles de la presse dominicale, les CFF ont reconnu que le problème de la protection anti-pincement des portes de trains CFF n'est pas nouveau. Durant les cinq dernières années, il a nécessité 328 mesures d'entretien, soit une soixantaine de cas par année.

Quant à savoir si ce nombre élevé de réparations représente une fréquence anormale, l'ex-régie réserve sa réponse. Elle veut attendre les résultats de l'audit externe de l'OFT.

Après l'accident, les contrôles effectués par les CFF ont mis à jour un défaut de fonctionnement du mécanisme anti-pincement sur 69 portes. Ces examens ont aussi révélé 572 défauts, dont la plupart n'ont aucun impact sur le fonctionnement des portes et ne sont pas déterminants pour la sécurité.

Nouveaux contrôles

En tout, 458 voitures, soit 1832 portes, ont fait l'objet d'un contrôle entre le 12 et le 28 août. Les portes défectueuses ont été réparées ou condamnées. Selon les CFF, les voitures VU IV peuvent être mises en service en toute sécurité.

De son côté, le SESE a exigé dans un rapport intermédiaire qu'à moyen terme la commande des portes soit changée, car la protection contre le pincement ne fonctionne pas de manière fiable. Les CFF veulent présenter d'ici fin octobre un plan détaillant comment cela pourrait être mis en oeuvre.

ats