2019-05-16 06:56

Jean-Marc Richard, recordman de l'Eurovision!

Israël

Avec 27 participations, le Lausannois est cette année à Tel-Aviv celui à avoir commenté le plus de fois le concours européen de la chanson. Impressions avant la 2e demi-finale, ce jeudi soir.

«J'espère aller jusqu'à 30 éditions et fêter alors ma retraite avec une organisation de la compétition par la Suisse!» commente-t-il.

«J'espère aller jusqu'à 30 éditions et fêter alors ma retraite avec une organisation de la compétition par la Suisse!» commente-t-il.

(Photo: RTS)

  • Laurent Flückiger

Et de 27! Jean-Marc Richard commentera sa 27e finale du Concours Eurovision de la chanson, samedi sur la RTS en direct de Tel-Aviv. C'est même un record qu'il détient à présent seul en Europe. «J'espère aller jusqu'à 30 éditions et fêter alors ma retraite avec une organisation de la compétition par la Suisse!», commente-t-il au téléphone depuis Israël. À moins que ce soit pour l'an prochain déjà, qui sait?

Ce jeudi soir, a lieu la 2e demi-finale et l'entrée en lice du Bernois Luca Hänni (RTS Deux diffuse le concours dès 21 h). Avant le début des choses sérieuses, nous avons demandé à Jean-Marc Richard ses impressions sur l'organisation de l'événement et quelles sont les chances de notre représentant.

Quelle est l'ambiance à Tel-Aviv?

Ça gueule beaucoup pour le prix des billets, qui sont entre 350 et 700 fr. Et pourtant la salle se remplit quand même. Bon, elle ne peut accueillir que 7500 personnes, on a rarement vu si petit à l'Eurovision. Et puis mardi, lors de la première demi-finale, j'ai été très étonné de voir que c'est très jeune, il y a aussi beaucoup de parents avec des enfants. Entre les délégations l'ambiance est bonne mais il n'y a pas d'excitation. Tout le monde est conscient d'être à seulement 60 km de Gaza.

C'est très sécurisé?

Pas plus que lors de l'Eurovision au Portugal, l'an dernier, par exemple. Et moins qu'en Ukraine, en 2017. C'est presque plus décontracté. Il n'y a pas de psychose, je n'ai pas ressenti la peur qu'il se passe quelque chose de grave samedi. Même les appels au boycott sont très peu évoqués, ici. Par contre, avec Nicolas Tanner, avec qui je commente, nous avons prévu d'en parler à l'antenne. Surtout que le mouvement a été pas mal relayé en Suisse.

Que retenir de la première demi-finale, qui s'est déroulée mardi?

Il y a deux pays très tristes, la Belgique et le Portugal, qui se voyaient déjà qualifiés. Et ça n'a pas été le cas, au contraire de Saint-Marin, dont la chanson est désuète. On s'est tous demandé comment était-ce possible. La réponse est que le candidat est originaire de la Turquie, qui s'est retirée du concours depuis 2013, et qu'il a récolté de nombreuses voix de ce pays. On peut dire aussi que ceux qui n'avaient pas une bonne chanson ont réussi à se rattraper sur le côté scénique.

La Suisse figurait parmi les trois favoris des bookmakers pour la victoire finale. Ces derniers jours, elle a reculé de quelques places. Pourquoi?

C'est tout à fait compréhensible: l'événement se rapprochant, les parieurs prennent en compte que la Suisse ne se qualifie pas souvent pour la finale. Mais, lors des répétitions, Luca Hänni a fait le meilleur score, devant la Suède! La Suisse est toujours dans les dix favoris.

Aucun doute, donc: ce soir, la Suisse se qualifiera pour la finale...

La Suisse va faire des points à la fois auprès du jury et auprès du public car sa chanson est celle dont on a le plus parlé. Ça paraît impossible qu'elle ne se qualifie pas!

La Suisse va-t-elle remporter l'Eurovision cette année?

Je suis sceptique. Si la Suisse se classe dans les dix premiers, c'est déjà un événement (ndlr.: la dernière fois, c'était en 2005 et la 8e place de Vanilla Ninja). En face, il y a la Suède, l'Italie, les Pays-Bas. Mais il peut se passer tellement de choses d'ici à samedi.

Imaginons: la Suisse remporte l'Eurovision cette année. La SSR doit donc organiser l'événement en 2020. Ça risque de lui faire peur!

Ça fait peur à tous les diffuseurs nationaux. Ici, en Israël, on parle d'un coût entre 25 et 30 millions. Mais je sais que, du côté de la SSR, il n'y a pas la volonté de ne pas organiser l'Eurovision.

Vous pourriez être alors le présentateur officiel...

Je pense qu'il y aurait trois présentateurs(rices) romand(e), tessinois(e) et alémanique. Mais non, je ne peux pas faire ça! Je ne maîtrise pas suffisamment la langue de Shakespeare.

Ce samedi dès 21 h, vous commenterez la finale sur RTS Un en direct de Tel-Aviv avec Nicolas Tanner mais aussi, pour la première fois, avec Bastian Baker. Pourquoi l'avoir choisi?

Ça fait des années que j'essaie de persuader Bastian de se présenter à l'Eurovision. Je sais qu'il regarde l'événement depuis tout petit et en plus sa sœur a écrit la chanson que va chanter l'Allemagne à Tel-Aviv! Tout ça a fait que je lui ai demandé de venir pour avoir l'avis d'un musicien à l'antenne. Et puis Bastian incarne la Suisse, ça va peut-être le titiller...

Le Matin

«Le Matin» est à l'Eurovision! Dès jeudi, nous vous proposerons des interviews d'artistes et de personnalités ainsi qu'un live de la finale depuis l'Expo Tel Aviv.