2019-03-20 08:24

Partage de la vidéo de la tuerie: un second inculpé

Christchurch (NZ)

Mardi, un homme a été interpellé pour avoir partagé des images de l'attentat survenu à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Un survivant raconte l'attaque de Christchurch.

Un homme de 44 ans est devenu la deuxième personne inculpée dans la ville néo-zélandaise de Christchurch pour le partage de la vidéo que l'auteur du carnage dans les mosquées a filmée et diffusée en direct sur Facebook.

Philip A., 44 ans, a été arrêté mardi, quatre jours après l'attaque qui a fait 50 morts et des dizaines de blessés. Il a été inculpé de deux chefs de diffusion de contenus répréhensibles et placé en détention provisoire. Il comparaîtra à nouveau le 15 avril. Cet homme avait déjà attiré l'attention des autorités pour la symbolique associée à l'entreprise d'isolation qu'il dirige à Christchurch.

Logo controversé

Le logo couleur feu de cette société, appelée Beneficial Insulation, rappelle très fortement le «Soleil noir». Ce symbole mystique nazi figurait en couverture du manifeste intitulé «Le grand remplacement» que l'extrémiste australien Brenton Tarrant a diffusé avant d'aller commettre vendredi un carnage dans deux mosquées à Christchurch.

Lors de son inculpation samedi, ce dernier a fait dans le tribunal le symbole de ralliement des suprémacistes blancs.

Chiffres importants

Certains médias néo-zélandais ont relevé que les camionnettes de la société, ornées du logo controversé et du nom de l'entreprise en caractères gothiques, affichaient aussi en grand le tarif de 14,88 dollars du mètre carré.

Les nombres 14 et 88 sont loin d'être anodins pour ce qui touche à l'extrême droite. Le chiffre «14» peut être vu comme la référence à 14 mots du suprémaciste blanc américain David Lane: «Nous devons assurer la défense de notre peuple et un avenir aux enfants blancs».

Les chiffres «88» peuvent être lus comme la répétition de la huitième lettre de l'alphabet, formant les initiales «HH» pour «Heil Hitler».

Autre inculpation

Un jeune de 18 ans a été inculpé lundi par le même tribunal de Christchurch, également pour avoir relayé la vidéo. La justice n'a pas autorisé la publication du nom de cet homme, également poursuivi pour avoir mis en ligne une photographie de la mosquée al-Nour avec la mention «cible atteinte», et pour incitation à la violence. Chaque chef est passible de 14 années de détention.

Depuis vendredi, les réseaux sociaux sont montrés du doigt et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a appelé mercredi les gouvernements du monde entier à s'attaquer ensemble au problème.

D'après Facebook, la tuerie a été vue en direct moins de 200 fois mais le groupe a dû retirer 1,5 million de vidéos partagées.

afp

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