2020-01-13 15:09

Renens: les activistes du climat sont acquittés!

Justice

Le Tribunal de police et son juge unique ont passé l'éponge pour l'occupation tennistique de Credit Suisse. Un coup de théâtre qui a provoqué une explosion de joie.

Devant le Tribunal de police de Renens, le 7 janvier dernier, les manifestants sont venus soutenir les personnes condamnées pour l'occupation des locaux de Credit Suisse.

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Les avocats de la défense plaidaient pour leur acquittement, car ils avaient agi «dans un état de nécessité», ou qu'ils étaient des «lanceurs d'alerte» climatiques. Le juge unique du Tribunal de police, Philippe Colelough, avait exprimé une certaine sympathie pour le mouvement la semaine dernière. Ce lundi, le président de la cour n'aura pas déçu les militants de la cause: les douze prévenus sont acquittés purement et simplement!

Une urgence reconnue

Dans son jugement, il a reconnu la «qualité» et le «sérieux» des documents présentés lors du procès pour étayer la dangerosité du réchauffement climatique et son urgence. Il a aussi reconnu le caractère «d’alerte» du moyen utilisé par les activistes face à l'inaction des politiques. «C'est déjà un résultat exceptionnel d’avoir un tel constat de la part d’un juge pénal, cela montre la situation d’extrême-urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons», a commenté sur Tweeter le co-président des Verts lausannois Xavier Company. Le verdict a été accueilli par une explosion de joie par un public nombreux venu écouter la sentence.

Sur Tweeter, les sympathisants ont rappelé que leur action était juste.

Federer et les énergies fossiles

De mardi à jeudi dernier, le Tribunal de police de Renens jugeait les douze activistes qui avaient participé en novembre 2018 à l'occupation des locaux de Credit Suisse à Lausanne. Ils y avaient joué au tennis pour interpeller le champion de tennis Roger Federer, dont la banque est sponsor. Les jeunes du mouvement Lausanne Action Climat dénonçait l'établissement bancaire, qui, selon eux, investit encore en masse dans les énergies fossiles.

Un total de 21 600 francs

La police était intervenue et Credit Suisse avait déposé plainte. Le Ministère public vaudois avait retenu la violation de domicile et l'infraction à la loi sur les contraventions. Il avait condamné par ordonnance pénale les douze participants à une peine de 30 jours-amende à 30 francs avec sursis pendant deux ans et des amendes allant de 400 à 600 francs. Avec les frais, cela faisait une facture totale de 21 600 francs. Aujourd'hui, c'est zéro!

Les absents ont eu tort

Une douzaine d'avocats se sont engagés pour les défendre gratuitement dans la procédure en appel qu'ils ont lancée. Durant les audiences de la semaine passée, le Ministère public et Credit Suisse ont renoncé à être représentés. Les absents ont donc eu tort.

E. F.

Le Matin