2017-09-28 23:32

Pyongyang traite Donald Trump de «vieux fou»

Corée du Nord

Le régime nord-coréen accuse le président américain d'exploiter la mort d'Otto Warmbier, sous la torture selon la Maison-Blanche.

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La Corée du Nord a traité jeudi le président américain Donald Trump de «vieux fou» pour avoir accusé Pyongyang d'avoir torturé l'étudiant américain Otto Warmbier, mort en juin peu après son rapatriement de Corée du Nord dans le coma.

«Trump et sa clique, avec leur propagande anti-RPDC (acronyme officiel de la Corée du Nord), exploitent une nouvelle fois la mort d'Otto Warmbier», un étudiant américain condamné en 2016 à 15 ans de travaux forcés pour le vol d'une affiche de propagande lors d'un voyage touristique, a affirmé le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle KCNA.

Les Etats-Unis «vont jusqu'à utiliser une personne morte pour leur campagne de conspiration pour alimenter la pression internationale sur la RPDC», ajoute le ministère.

Graves lésions cérébrales

Donald Trump a accusé mardi sur Twitter Pyongyang d'avoir «torturé au-delà de l'imaginable» le jeune homme de 22 ans pendant sa détention. Ses propos suivaient une interview des parents d'Otto Warmbier, qui ont accusé Pyongyang d'avoir «torturé et intentionnellement blessé» leur fils, mardi matin sur la chaîne Fox News.

Otto Warmbier est décédé le 13 juin, quelques jours après avoir été rapatrié dans le coma aux Etats-Unis, après 18 mois de détention en Corée du Nord.

L'autopsie n'a pas révélé selon la légiste de preuve claire de torture physique, ni d'os ou de dents endommagées récemment. Otto Warmbier souffrait de graves lésions cérébrales qui résultent d'ordinaire d'un arrêt cardio-respiratoire, selon ses médecins. Les origines de son coma profond restent mystérieuses.

Les USA saluent la nouvelle attitude de Pékin

En parallèle, les relations en dents-de-scie qu'entretiennent les Etats-Unis avec la Chine depuis l'élection de Donald Trump semblent traverser une nouvelle phase de réchauffement: Washington applaudit désormais l'attitude de Pékin à l'égard de la Corée du Nord après avoir longtemps critiqué son manque de fermeté.

«J'applaudis la Chine pour avoir rompu tout lien bancaire avec la Corée du Nord», a dit mardi Donald Trump, une semaine après avoir salué cette mesure «très courageuse» et «inattendue», en référence au fait que les grandes banques du pays refusent désormais les clients nord-coréens.

Entretemps, les autorités chinoises ont donné leur aval à l'ONU à des sanctions de plus en plus sévères contre Pyongyang. Le succès de cette stratégie de «pression maximale» dépend de l'application des sanctions par la Chine, et Washington assure depuis peu que, sur ce front, les choses bougent.

«Des pas énormes»

«Il y a des choses qui se passent en coulisse», «qui nous donnent des raisons d'être optimistes», disait début septembre le département d'Etat, qui a finalement salué mercredi «des pas énormes dans la bonne direction». Jeudi, la responsable de la diplomatie américaine pour l'Asie de l'Est, Susan Thornton, a reconnu devant une commission du Sénat que Pékin avait «récemment pris de nouvelles mesures» dans le bon sens.

Pour mettre en musique les résolutions de l'ONU, le ministère chinois du Commerce vient en effet d'annoncer que les entreprises nord-coréennes établies en Chine devront fermer d'ici janvier. Et samedi, le géant asiatique, fournisseur de la quasi-totalité du brut consommé par la Corée du Nord, avait confirmé qu'il limiterait drastiquement ses exportations de produits pétroliers raffinés.

afp