2012-01-26 20:49

Marie Laforêt condamnée pour discrimination

Racisme

La chanteuse et comédienne française Marie Laforêt a été condamnée jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à 500 euros d'amende avec sursis pour discrimination, après avoir demandé, dans une offre d'emploi, aux "musulmans orthodoxes" de "s'abstenir" de répondre.

Marie Laforêt, ici, avec son avocat, en 2004, à Genève, où elle avait été condamnée pour diffamation par son ex-mari.

Marie Laforêt, ici, avec son avocat, en 2004, à Genève, où elle avait été condamnée pour diffamation par son ex-mari.

(Photo: Keystone)

Elle devra également verser un euro de dommages et intérêts au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié des peuples (Mrap).

Le 12 avril 2009, Marie Laforêt, qui réside aujourd'hui en Suisse, avait publié une petite annonce internet afin de rechercher un service de nettoyage pour un appartement situé à Paris.

Sur l'offre d'emploi, il était indiqué: "Deux heures chaque lundi, mercredi, vendredi ou samedi. Petit chien (chiwawa), allergique ou musulman orthodoxe s'abstenir".

Le Mrap avait porté plainte. Peu après, Marie Laforêt, 72 ans, avait été identifiée comme l'auteur de l'annonce.

Lors de l'audience du 1er décembre devant la 17e chambre, l'avocat de Marie Laforêt, Me David Koubbi, avait invoqué le "respect" de sa cliente pour les traditions musulmanes.

La chanteuse "connaît le statut du chien dans l'islam", avait-il plaidé. Elle sait que "le chien est impur dans l'islam quand il est pratiqué de manière orthodoxe".

Marie Laforêt n'avait "aucune intention raciste", avait ajouté le conseil, soulignant que son fils s'appelle Jean Mehdi Abraham, et que "sa femme de ménage depuis 25 ans s'appelle Fatima".

Le tribunal a considéré jeudi que "quels que soient les mobiles qui aient pu animer la prévenue, la formulation explicite (...) établit la volonté qui était la sienne de ne pas embaucher les personnes concernées, étant observé qu'il lui suffisait de mentionner dans son annonce la présence à son domicile d'un chien pour que les candidats à son offre d'emploi ne tolérant pas cet animal, pour des raisons de santé, religieuses ou autres, renoncent d'eux-mêmes et en toute liberté à postuler, sans qu'il soit aucunement nécessaire de leur signifier de s'abstenir ".

afp