2020-05-08 03:06

L'économie brésilienne pourrait «s'effondrer»

Coronavirus

Le Brésil voit sa courbe de contamination du Covid-19 progresser à un rythme très inquiétant et compte 9146 décès.

Paulo Guedes, le ministre de l'économie brésilien.

Paulo Guedes, le ministre de l'économie brésilien.

Le Brésil pourrait être confronté dans un mois à un «effondrement de [son, ndlr] économie», avec des pénuries alimentaires, et à une «désintégration» sociale, a averti jeudi le ministre de l'économie Paulo Guedes. Le pays n'a pas encore atteint le pic de la pandémie.

«L'alerte est sérieuse», a dit le ministre. Jusqu'ici «le peuple a de l'argent en main», mais «d'ici à 30 jours, il se pourrait que les choses commencent à manquer sur les étagères [des magasins, ndlr], que la production soit désorganisée et que l'on entre dans un système non seulement d'effondrement de l'économie mais de désintégration sociale», a-t-il prévenu.

Le ministre faisait référence à l'incidence des mesures de confinement en vigueur dans de nombreux États afin de tenter d'endiguer la progression du virus. Le Brésil voit sa courbe de contamination du Covid-19 progresser à un rythme très inquiétant. Il a dépassé jeudi soir les 135'000 cas, avec 9146 décès. Ces chiffres sont largement sous-estimés, selon la communauté scientifique.

Soins intensifs saturés

Dans de grandes villes comme São Paulo, Rio de Janeiro, Recife, ou Manaus en Amazonie, les unités de soins intensifs des hôpitaux sont déjà quasi saturées. Le président Jair Bolsonaro, qui se trouvait avec Paulo Guedes, a réitéré son opposition aux mesures de confinement imposées par une majorité de gouverneurs, soutenus par la cour suprême, afin de sauver des vies.

«Nous connaissons le problème du virus et nous devons préserver des vies», a-t-il dit. «Mais il y a un problème qui nous préoccupe de plus en plus: [...] la question de l'emploi, de l'économie qui est à l'arrêt».

«Le combat contre le virus ne peut pas faire plus de dégâts que le virus lui-même», a dit une nouvelle fois le président. Le chef de l'État a souvent minimisé la menace sanitaire, qualifiant même longtemps le coronavirus de «petite grippe». Le Brésil, dont l'économie ne s'était toujours pas remise de la récession historique de 2015 et 2016, risque une contraction de 5,3% de son PIB cette année, selon le FMI, en raison de la pandémie.

ats