2020-01-06 01:02

L'Iran lève toute limite sur ses centrifugeuses

Nucléaire iranien

Dans un climat tendu, Téhéran a annoncé de nouvelles mesures visant à balayer les derniers obstacles sur son programme nucléaire dimanche.

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L'Iran a annoncé dimanche ce qu'il a présenté comme la «cinquième et dernière phase» de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire. Il a affirmé qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses». Berlin, Paris et Londres l'ont appelé dans la foulée à abandonner les mesures qui sont contraires à l'accord nucléaire de 2015.

«Plus aucun obstacle»

Cette annonce de Téhéran survient dans un climat de tensions accrues entre les États-Unis et Téhéran après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué vendredi par une frappe aérienne américaine à Bagdad. Dans un communiqué, le gouvernement de la République islamique indique néanmoins que «la coopération de l'Iran avec l'AIEA [l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui soumet son programme nucléaire à un strict contrôle, NDLR] se poursuivra comme avant».

Le gouvernement explique que, «en conséquence» de sa décision sur les centrifugeuses, «il n'y a plus aucun obstacle entravant le programme nucléaire de la République islamique d'Iran sur le plan opérationnel», qu'il s'agisse de «la capacité à enrichir [l'uranium], du niveau d'enrichissement [de l'uranium], de la quantité de matériau enrichi, ou de la recherche et développement».

Besoins techniques du pays

Téhéran ajoute cependant que «le programme nucléaire de l'Iran continuera désormais uniquement sur la base [des] besoins techniques du pays». Et jusqu'à présent, la République islamique a toujours indiqué avoir besoin d'enrichir l'uranium à hauteur d'environ 5%, pas plus, niveau suffisant pour produire le combustible nécessaire à la production d'électricité dans une centrale nucléaire.

Le communiqué iranien ne dit pas que les besoins techniques du pays ont changé. Le gouvernement répète en revanche qu'il est prêt à faire machine arrière à tout moment sur ses annonces.

«Si les sanctions [contre l'Iran réimposées et durcies par les États-Unis depuis 2018] sont levées et que l'Iran bénéficie des retombées» attendues de l'accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015, «la République islamique d'Iran est prête à revenir» à l'application pleine et entière de ses engagements, indique-t-il.

Réaction des autres membres

Dans la foulée, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé dimanche l'Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l'accord nucléaire de 2005. «Nous appelons l'Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l'accord nucléaire», ont déclaré dans un communiqué commun la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Jonhson.

L'accord a été conclu à Vienne en 2015 après douze ans de crise et d'intenses négociations entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l'Allemagne. L'Iran s'y engage à réduire ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales.

Mais en 2018 le président Donald Trump a décidé le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord et le rétablissement de sanctions. Depuis, l'Iran s'est progressivement affranchi d'engagements figurant dans l'accord.

ats