2019-07-29 11:04

Pékin appelle à punir les auteurs de violences

Hong-Kong

Le gouvernement chinois a appelé lundi à punir les personnes qui ont commis des violences lors des manifestations à Hong Kong

Un responsable du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao a estimé que les manifestations des derniers mois avaient «gravement compromis» la prospérité et la stabilité de la ville.

Pékin a appelé lundi l'exécutif de Hong Kong à sanctionner les auteurs de violences et à «rétablir l'ordre au plus vite», au lendemain de nouvelles manifestations dans l'ex-colonie britannique. ^

Lors d'une conférence de presse à Pékin, un responsable du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, l'organe chinois chargé des relations avec la métropole du sud du pays, a estimé que les manifestations des derniers mois avaient «gravement compromis» la prospérité et la stabilité de la ville.

La mobilisation partie au début de juin du rejet du projet hongkongais - désormais suspendu - d'autoriser les extraditions vers la Chine s'est mué au fil des semaines, pour Pékin, en un défi d'une ampleur sans précédent depuis la rétrocession en 1997.

Si la Chine a condamné ces derniers temps de plus en plus fortement les violences dans sa région semi-autonome, elle a globalement laissé l'exécutif local gérer une situation qui relève de ses prérogatives.

Ce qui fait que la conférence de presse, lundi après-midi dans la capitale chinoise, du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao sera suivie avec attention pour déceler tout indice d'une implication plus directe des autorités chinoises dans la crise qui ébranle la mégapole du sud du pays.

«Complot»

En attendant, la préoccupation grandissante de Pékin est illustrée lundi dans un éditorial du journal anglophone officiel «China Daily». «Ce qui se passe à Hong Kong n'est plus l'expression de griefs réels ou imaginaires», estime le journal.

«C'est de la même teinte que les révolutions colorées qui ont été générées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord - des éléments locaux antigouvernementaux complotant avec des forces extérieures pour renverser des gouvernements en utilisant des moyens de communication modernes pour répandre les rumeurs, la méfiance et la crainte.»

Dimanche soir, des manifestants prodémocratie ont pour la deuxième journée consécutive affronté la police, sur l'île de Hong Kong, ce qui a donné lieu aux scènes les plus violentes observées à ce jour sur le territoire.

Ces échauffourées se sont produites près du Bureau de liaison chinois, qui représente l'autorité de Pékin dans la région semi-autonome. Dans un communiqué, la police a annoncé lundi matin que 49 «manifestants radicaux» avaient été arrêtés pour diverses infractions la veille et affirmé que les protestataires étaient «de plus en plus violents».

Arbalète

La police a accusé les manifestants de lancer des briques, des bouteilles, des bombes de peinture, des liquides corrosifs et même fait état de billes métalliques projetées au moyen d'une arbalète. Des arcs et des flèches ont aussi été récupérés sur les lieux des affrontements, selon les forces de l'ordre.

La police a riposté avec un emploi massif de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, les unités d'élite intervenant dans la foulée pour arrêter ceux des manifestants qui restaient à la traîne. Les autorités ont fait état lundi de seize blessés. Samedi, des affrontements avaient déjà ponctué une manifestation à Yuen Long, près de la frontière chinoise.

Les protestataires entendaient dénoncer l'agression de militants prodémocratie le 21 juillet, attribuée à des triades, des gangs violents, et qui avait fait 45 blessés dans cette localité du nord-ouest.

Mais en soirée, des heurts avaient opposé des groupes de manifestants à la police antiémeutes. La police a fait état de treize arrestations samedi et les autorités hospitalières ont dénombré 24 blessés, dont deux graves.

Cercle vicieux

Hormis la suspension du projet controversé sur les extraditions, la cheffe du gouvernement local de Hong Kong Carrie Lam n'a donné aucun signe de recul. Depuis le début de la crise, ses apparitions en public se sont limitées à des visites aux policiers blessés ou à quelques conférences de presse.

Le mouvement est parti du rejet d'un projet de loi, désormais suspendu, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine. Puis il s'est élargi à des revendications de réformes démocratiques, sur fond d'inquiétude générée par l'ingérence jugée grandissante de Pékin dans les affaires intérieures de l'ex-colonie britannique.

Et les manifestants ont de plus en plus visé les symboles de la présence chinoise, le Bureau de liaison du gouvernement chinois ayant été la cible le 21 juillet de jets d’œufs et de graffitis. Pékin avait dénoncé des actes «absolument intolérables» et appelé à «punir les coupables».

Hong Kong est dorénavant pris dans «un cercle vicieux», a déclaré dimanche à l'AFP la députée prodémocratie Claudia Mo. «L'usage de la force s'intensifie des deux côtés mais il existe un déséquilibre majeur puisque la police possède des armes létales.»

afp