2019-11-06 08:09

«Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer!»

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L'éditorialiste Julie Graziani a choqué les téléspectateurs de LCI en commentant avec dureté les revendications auprès d'Emmanuel Macron de deux mères empêtrées dans les difficultés financières, à Rouen.

Vidéo: YouTube/LCI.

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Invitée lundi sur LCI de l'émission «24h Pujadas», une éditorialiste du magazine droitier «L'Incorrect», Julie Graziani, a tenu des propos durs qui ont quelque peu choqué une partie des téléspectateurs.

Appelée à commenter les images de deux femmes à Rouen, se présentant comme en difficulté, et interpellant Emmanuel Macron afin de lui faire part de leurs doléances, Julie Graziani n'y est pas allée de main morte.

«Ben oui, faut travailler!»

«Ces gens qui crient sont dans le paradigme de la réclamation. Ils se comportent vis-à-vis de l'État comme des créanciers, constate l'éditorialiste. À aucun moment, vous ne les entendez assumer la responsabilité de leur propre situation. Cette dame qui se plaint et qui n'assume pas la responsabilité de son sort (...) elle vous dit: 'J'ai 5 enfants, je suis obligée de travailler'. Bah oui, Madame!»

Et de poursuivre: «Moi aussi, j'ai 4 enfants, je suis obligée de travailler! Scoop! Bienvenue dans le réel! Evidemment que t'as cinq enfants, t'es obligée de travailler! Sinon t'en fais pas cinq!»

«A-t-elle bien travaillé à l'école?»

Julie Graziani ne s'en est pas tenu là. Commentant toujours les revendications des deux femmes de Rouen: «La première te dit: 'J'ai deux enfants, je suis seule, je suis au SMIC'. Je comprends très bien qu'elle s'en sorte pas. (...) Mais à un moment donné, je ne connais pas son parcours de vie à cette dame! Qu'est-ce qu'elle a fait pour se retrouver au SMIC? Est-ce qu'elle a bien travaillé à l'école, est-ce qu'elle a suivi des études? Et puis, si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer non plus dans ces cas-là.»

«Quand on se rajoute des difficultés sur des difficultés et des boulets sur des boulets, on se retrouve avec des problèmes», a encore lâché la jeune femme, sous le regard stupéfait des autres participants à l'émission de David Pujadas. Elle a enfoncé le clou sur Twitter, un peu après.

De son côté, Pujadas est revenu mardi sur les propos de l'éditorialiste: «Les propos de Julie Graziani ne sont pas un dérapage. Ils constituent une opinion. L'opinion de Julie Graziani peut indigner, mais le débat d'idées, ce sont justement des opinions qui se confrontent, même celles qui ne nous plaisent pas.»

Laurent Siebenmann

Le Matin