2020-05-06 03:36

Brésil: 3 ministres bientôt interrogés sur Bolsonaro

Affaire Sergio Moro

Trois ministres brésiliens vont être questionnés sur les accusations portées contre le président Bolsonaro par l'ex-ministre de la Justice Sergio Moro.

Jair Bolsonaro.

Jair Bolsonaro.

(Photo: AFP)

La justice brésilienne a autorisé mardi un interrogatoire de trois ministres au sujet des accusations de l'ancien ministre de la Justice Sergio Moro, selon lequel le président Jair Bolsonaro a tenté de s'immiscer dans des enquêtes policières.

La Cour suprême fédérale du Brésil a accepté une demande du procureur général d'interroger le ministre de la Sécurité intérieure, Augusto Heleno, le chef de la chambre civile (cabinet), Walter Braga Netto et le ministre secrétaire du gouvernement, Luiz Eduardo Ramos. Tous les trois sont généraux.

Le président d'extrême droite et Sergio Moro sont les protagonistes d'un scandale retentissant depuis le 24 avril, quand l'ancien ministre de la Justice, figure clé de l'opération anti-corruption Lava Jato (Lavage express) qui a mis des dizaines de dirigeants de tous bords sous les verrous, a démissionné.

Moro interrogé

Sa décision était intervenue après le limogeage d'un de ses plus proches collaborateurs, le chef de la Police fédérale, Mauricio Valeixo.

Sergio Moro a été interrogé le 3 mai au siège de la police fédérale de Curitiba (Sud), pendant plus de huit heures, au sujet de ses graves accusations.

Le contenu de la déposition n'a pas été dévoilé, mais le quotidien Estado de S. Paulo a indiqué sur son site que l'ex-ministre avait montré des échanges de messages et de courriels avec le chef de l'Etat. Le contenu de ces messages n'a pas été révélé.

«Judas»

À ce jour, plusieurs enquêtes de la police fédérale visent des proches du président, notamment ses fils.

Ces révélations explosives ont poussé le procureur général à réclamer l'ouverture d'une enquête, autorisée dans la foulée par la Cour suprême qui avait ordonné que Sergio Moro soit interrogé.

Cette enquête pourrait ouvrir la voie soit à une procédure de destitution contre Jair Bolsonaro, soit à des poursuites pour dénonciation de délit imaginaire contre Sergio Moro. Samedi, le chef de l'État a traité son ex-ministre de «Judas» sur Twitter.

afp