2018-03-15 09:17

Nouveau cas de harcèlement au collège de Saussure

Genève

Selon la RTS, une enquête administrative a été ouverte contre un professeur du collège de Saussure, le même où exerçait Tariq Ramadan.

La conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, en charge du dossier, veut que la lumière soit faite sur les faits qui se sont produits dans le collège.

La conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta, en charge du dossier, veut que la lumière soit faite sur les faits qui se sont produits dans le collège.

(Photo: Keystone)

  • Christine Talos

Le collège de Saussure à Genève est dans la tourmente. En effet, une enquête administrative a été ouverte récemment contre un professeur pour harcèlement sexuel, révèle jeudi la RTS. Deux jeunes femmes auraient témoigné suite à l'affaire Tariq Ramadan, l'islamologue détenu à Paris pour des viols en France et qui a enseigné dans l'établissement genevois dans les années 90.

Elles auraient accusé deux professeurs l'an dernier. Leurs témoignages ont été remontés au Département de l'instruction publique (DIP) qui, devant la lourdeur des cas, aurait décidé d'ouvrir une enquête administrative contre l'un des deux enseignants, aujourd'hui suspendu.

Conflit d'intérêt?

Mais il pourrait y avoir conflit d'intérêt. Car la directrice du collège de Saussure au moment des faits est l'actuelle secrétaire générale du Département de l'instruction publique. En outre, selon la RTS, alors qu'un rapport intermédiaire doit être publié prochainement, deux tiers des victimes potentielles et témoins n'auraient à ce jour pas été convoqués ou entendus.

Cette nouvelle affaire survient alors que la conseillère d'Etat genevoise Anne Emery-Torracinta a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête externe sur l'affaire Ramadan. Elle a rappelé qu'une enquête administrative, qui ne peut être ouverte qu'à l'encontre de collaborateurs en poste, n'était juridiquement pas possible et qu'en outre le délai de prescription était largement dépassé. Néanmoins, le DIP veut tout faire pour que cela ne se reproduise pas, a relevé la conseillère d'Etat.

Pourquoi le dossier vide

Pour rappel, quatre anciennes élèves de l'islamologue ont en effet témoigné de manière anonyme dans la presse pour l'accuser d'abus sexuels. Selon Anne Emery-Torracinta, l'enquête externe devra faire la lumière sur ce qui a dysfonctionné, notamment la raison pour laquelle le dossier de Tariq Ramadan, qui a enseigné dans les années 1990 au collège de Saussure, est vide.

En outre, une ligne verte ouverte en décembre 2017 a reçu une cinquantaine d'appels, dont seize concernent des situations relevant de la loi sur l'aide aux victimes, selon la conseillère d'Etat.

Le Matin