2019-03-07 22:00

Attaque chimique: Damas rejette un rapport

Guerre en Syrie

Un rapport de l'OIAC révèle que du gaz chimique a bien été utilisé lors de l'attaque contre la ville syrienne de Douma en avril 2018.

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Le gouvernement syrien a rejeté jeudi un rapport de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) qui a conclu à l'utilisation de la chlorine dans une attaque près de Damas, en 2018.

La semaine dernière, l'OIAC a indiqué dans ce rapport final qu'il existait «des motifs raisonnables pour penser qu'un agent chimique toxique a été utilisé comme arme le 7 avril 2018» dans cette attaque contre Douma près de Damas, ajoutant que «cet agent chimique contenait de la chlorine».

Selon elle, deux cylindres contenant le gaz toxique sont tombés sur le toit d'une résidence.

Le rapport ne désigne pas de responsable car, à l'époque, cela ne faisait pas partie des attributions de l'OIAC. Depuis, l'organisation s'est vu attribuer le droit d'enquêter sur la responsabilité de toutes les attaques chimiques en Syrie depuis 2014.

L'OIAC a également rejeté la version du régime syrien selon lequel le gaz provenait d'une présumée installation d'armes chimiques des rebelles et d'un entrepôt dans la zone que les inspecteurs ont été autorisés à visiter.

Dernière poche rebelle

Cité par l'agence officielle syrienne Sana, un porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères a appelé «les Etats membres de l'OIAC à dénoncer de tels rapports erronés qui manquent de crédibilité», accusant l'organisation de «partialité».

Il a également accusé les enquêteurs de «déformer la vérité». «Preuve en est, selon lui, qu'ils ont nié que des groupes terroristes possèdent des produits chimiques toxiques même s'ils ont trouvé de tels produits dans des dépôts appartenant à ces groupes». Les rebelles sont désignés par le mot «terroriste» par le régime syrien.

Le 7 avril 2018, les secouristes en territoire rebelle et l'ONG Syrian American Medical Society avaient affirmé que plus de 40 personnes avaient péri dans une attaque aux «gaz toxiques» à Douma, alors dernière poche rebelle près de Damas, accusant le régime d'en être l'auteur.

Les Occidentaux, avec à leur tête les Etats-Unis, avaient eux aussi accusé le régime et avaient attaqué des installations militaires du régime syrien en représailles.

La guerre en Syrie déclenchée en mars 2011 a fait plus de 360'000 morts.

afp