2018-05-03 13:02

Michel Fourniret jugé pour une vieille affaire

France

«L'Ogre des Ardennes» va repasser devant la justice en novembre pour un assassinat datant de 1988.

Michel Fourniret a été condamné à la perpétuité pour sept meurtres de jeunes filles.

Michel Fourniret a été condamné à la perpétuité pour sept meurtres de jeunes filles.

(Photo: AFP)

Le tueur en série français Michel Fourniret sera jugé du 13 au 16 novembre pour l'assassinat en 1988 de l'épouse d'un ancien co-détenu qui lui avait permis de mettre la main sur le magot du «gang des postiches», a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Versailles. Célèbre entreprise criminelle, ce gang était spécialisé dans les braquages de banques et opéra à Paris entre 1981 et 1986.

Déjà condamné à la perpétuité en 2008 pour sept meurtres de jeunes filles et détenu en Alsace (est), Michel Fourniret, 76 ans, est renvoyé devant la cour d'assises aux côtés de son ex-épouse Monique Olivier, 69 ans, poursuivie notamment pour complicité d'assassinat. Le couple, qui a divorcé en 2010, devra également répondre de recel de ce trésor.

A la différence des meurtres de jeunes filles, précédés de viol ou tentative de viol, commis entre 1987 et 2001, l'assassinat dont Fourniret est cette fois accusé repose sur un mobile crapuleux.

La victime, Farida Hammiche, dont le corps n'a jamais été retrouvé, était mariée au braqueur Jean-Pierre Hellegouarch, qui avait partagé la cellule de Fourniret dans la prison de Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne, entre 1985 et 1987. En mars 1988, âgée de 30 ans, elle avait contacté Fourniret pour lui demander de l'aider à déterrer un trésor dans un cimetière du Val-d'Oise, au nord de Paris.

Poignardée et étranglée

Hellegouarch, à l'époque toujours incarcéré, avait eu vent de l'emplacement d'une caisse à outils renfermant le trésor par un ancien co-détenu, un Italien qui s'était évadé de prison avec un membre du «gang des postiches» et qui avait recueilli les confidences de ce dernier. L'enquête a permis d'établir que 20 kilos de lingots et pièces d'or - des napoléons et pesos mexicains - faisaient partie du magot.

L'or une fois déterré, Fourniret et Farida Hammiche l'avaient caché au domicile de la jeune femme. Fourniret n'aurait alors rien reçu en échange ou pas assez à son goût, selon les diverses versions données par le couple. Fourniret décide donc «de se servir lui-même», comme il l'a relaté aux enquêteurs en 2005.

Il attire la jeune femme dans un guet-apens, la poignarde avec une baïonnette puis l'étrangle, avant de l'enterrer dans une zone isolée, pour pouvoir faire main basse sur le magot. Le corps de la victime n'a jamais été retrouvé.

afp