2019-09-11 13:12

James McAvoy: «Je sursaute facilement»

Interview

L’acteur écossais rejoint le Club des Ratés dans «Ça: Chapitre 2», une suite dominée par l’interprète du clown maléfique qui est en salle depuis aujourd'hui. Rencontre.

James McAvoy campe le rôle de Bill Denbrough.

James McAvoy campe le rôle de Bill Denbrough.

  • Miguel Cid

  • Londres

En 2017, Grippe-Sou avait méchamment fait sonner le tiroir-caisse des salles obscures dans une adaptation terrifiante de «Ça» qui avait battu des records pour un film d’horreur en rapportant 700 millions de dollars. Le clown dévoreur d’enfants imaginé par Stephen King et génialement campé par Bill Skarsgård revient maintenant pimenter une suite à grand spectacle au casting cinq étoiles (James McAvoy, Jessica Chastain, Xavier Dolan) mais moins effrayante et qui tire en longueur (près de trois heures).

Vingt-sept ans après les événements du premier film, «Ça: Chapitre 2» nous replonge donc dans l’ambiance étouffante de Derry. Désormais adultes, les membres du Club des Ratés y sont convoqués par Mike – le seul du groupe à ne pas avoir quitté la petite ville du Maine – pour affronter la créature maléfique qui refait des siennes. C’est dans un petit théâtre londonien, où figurent une partie des décors inquiétants du film, que James McAvoy a reçu «Le Matin». L’acteur écossais campe un Bill Denbrough adulte qui bégaie toujours et est devenu un écrivain qui a du mal à finir ses histoires.

Comment expliquez-vous le succès phénoménal du premier film et qu’est-ce qui vous a parlé dans cette histoire?

Je crois que le film traduit bien la fascination de Stephen King pour l’adolescence et a de nombreux parallèles avec l’histoire de «Stand by Me». On adore voir ces rites de passage qui nous replongent dans notre adolescence. Et quand vous confrontez ces ados à un clown malfaisant, dévoreur d’enfants et d’une autre dimension, c’est une combinaison géniale. J’étais fan du livre donc j’ai adoré le voir adapté à l’écran.

Etiez-vous nerveux à l’idée de jouer dans cette suite?

Ai-je senti la pression? La pression existe mais je ne la ressens pas vraiment. C’est mon boulot de ne pas me laisser envahir par ça. Tu ne peux pas jouer correctement si tu sens la pression. Je ne fais donc pas trop attention à ça.

A votre avis, que dit ce film sur notre époque?

Je ne sais pas mais c’est un produit de notre monde et très en mode Stephen King. Comme il l’écrit dans «Ça» quand il décrit le parcours de Bill Denbrough, le parcours d’un jeune écrivain qui est probablement parallèle au sien.

Avez-vous facilement peur?

Je sursaute facilement. Je réagis de manière excessive très facilement aussi. Mais je ne crois pas avoir peur facilement.

La peur ne diffère-t-elle pas selon l’âge qu’on a?

Oui, je pense qu’on a une imagination beaucoup plus fertile dans l’enfance. En tout cas, c’était mon cas. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai plus le temps ou parce que j’ai trop de responsabilités maintenant que je n’exerce pas mon imagination comme autrefois. Quand j’étais gosse, je vivais à fond dans ma tête. Je pouvais partir dans des endroits vraiment fun et aussi terrifiants tout seul dans mon lit, la nuit.

Les membres du Club des Ratés ne sont-ils pas animés par des peurs différentes maintenant qu’ils sont adultes?

Je crois que les peurs qu’Andy Muschietti, notre réalisateur, peut montrer à l’écran sont plus extrêmes. Il peut aller plus loin, être plus brutal, plus horrible en fait. Cela ne veut pas dire que le premier film n’était pas toutes ces choses mais cette suite est bien pire. Tout en étant très drôle, sincère, romantique et émotionnel, ce film est terrifiant et brutal. Il est plus brutal et violent que le premier volet.

Pouvez-vous comprendre que les Ratés ne se souviennent pas de ce qui leur est arrivé 27 ans plus tôt?

Oui. Je ne me souviens pas de tout ce qui m’est arrivé dans ma vie. Je suis toujours surpris en rentrant chez moi d’apprendre des trucs qui me sont apparemment arrivés. Je viens de découvrir que j’ai bossé dans un nightclub pendant deux mois…

Vous l’aviez oublié?

J’ai maintenant un vague souvenir de ça mais quand quelqu’un m’a dit dernièrement qu’on avait travaillé ensemble deux mois au club Trash, à Glasgow, je n’y croyais pas. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me remémorer ça. Je sais que ce n’est pas un souvenir horrible mais si j’ai pu oublier un truc pareil, on peut clairement effacer de notre esprit nos mauvais souvenirs. Ceux-ci forment néanmoins qui nous sommes.

Bill Skarsgård vous a-t-il fait peur sur le tournage?

Bill Skarsgård ne fait pas peur mais il est déconcertant dans la peau de Grippe-Sou. Il s’investit tellement dans le rôle que je me suis fait du souci pour lui. Parfois, il récitait juste deux ou trois répliques et était dans tous ses états à la fin de la prise. C’est vraiment incroyable de voir tout ce qu’il donne pour jouer le personnage et c’est pour ça que les gens disent que sa performance est iconique. Ce n’est pas juste le maquillage, le rôle ou le livre dont il est tiré, même si c’est un sacré cadeau pour un acteur, merci Stephen King! Il faut avoir le bon acteur et on a trouvé le bon acteur pour incarner le Grippe-Sou de cette génération. Tim Curry était brillant dans la version de 1990 et Bill est extraordinaire dans celle-ci.

Le Matin