2014-01-03 11:25

Baisse de la solidarité en faveur des plus pauvres en Suisse

Action sociale

La Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS) s'inquiète du recul de la solidarité en faveur des plus pauvres en Suisse.

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(Photo: Keystone ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION)

La Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS) compte réévaluer le modèle d'incitation financière mis en place en 2005, a déclaré son président Walter Schmid lors d'une conférence de presse vendredi à Berne.

De plus en plus souvent, l'aide sociale est remise en cause. «La discussion se focalise davantage sur les coûts que sur les prestations d'aide matérielle», déplore Adrian Vonrüti, chef de l'office des affaires sociales à Langenthal (BE), selon la version écrite de son discours.

Or les coupes dans les budgets de l'aide sociale ont des conséquences. Ainsi, après que le gouvernement bernois a décidé de réduire les suppléments d'intégration, «on a reproché à nos services sociaux de traiter les plus pauvres de manière carrément humiliante», raconte Adrian Vonrüti.

La moitié des bénéficiaires de l'aide sociale sont des enfants, sur les 250'000 personnes recensées en 2012 par l'Office fédéral de la statistique. L'aide sociale devrait donc être considérée comme un investissement afin de sortir définitivement les personnes concernées de la pauvreté, plaide le responsable.

Efficacité des incitations en cause

Par ailleurs, la CSIAS compte examiner l'efficacité des modèles d'incitation financière, introduits en 2005. Suite à une réforme, les montants alloués pour couvrir les besoins de base ont été baissés. En contrepartie, les personnes qui travaillent ou celles qui font des efforts pour s'intégrer activement à la société reçoivent de l'argent supplémentaire.

Le problème est que de nombreuses personnes à l'aide sociale «n'ont plus la possibilité d'exercer une activité lucrative ou de fournir une contribution majeure à leur intégration», relève Walter Schmid, cité dans le communiqué. De plus, tout le monde ne réagit pas forcément aux incitations financières.

Une enquête sera donc lancée afin de créer une base de connaissances et de pouvoir ensuite apporter d'éventuelles adaptations au système des incitations, précise le président de la CSIAS. Le calcul du forfait pour les besoins de base sera lui aussi réexaminé. Des modifications concernant la communication, l'informatique et la mobilité sont probables, indique-t-il.

Démission en mai

Fin octobre, Walter Schmid, 60 ans, a annoncé qu'il quittera son poste en mai, après avoir passé 15 ans à la tête de cette organisation. Cette démission intervient alors que plusieurs communes ont claqué la porte de la CSIAS cette année.

Walter Schmid avait souligné dans sa lettre de démission qu'il a toujours tenu à faire évoluer l'aide sociale comme système de sécurité sociale efficace et équitable, dans l'intérêt des personnes démunies et de la société.

L'organisation professionnelle de l'aide sociale suisse réunit, en plus de la Confédération et des cantons, quelque 600 villes et communes ainsi que des oeuvres d'entraide privées. Elle élabore notamment des recommandations relatives au calcul de l'aide sociale.

ats