2019-11-15 11:37

«La montée de la haine en France, c'est assez effrayant»

Débat

Darius Rochebin était l'invité de David Pujadas sur LCI. Son intervention sur la France actuelle vue de Suisse romande a suscité des réactions très positives.

  • LeMatin.ch

«Excellent», «Quelle classe», «Analyse pertinente», «Magnifique, rien à redire, c’est exactement l’image qu’a la France vu de l’étranger», «Bravo à ce journaliste de TV suisse»... Invité dans l'émission «La Grande Confrontation» sur LCI, avec David Pujadas, le journaliste et présentateur de la RTS Darius Rochebin a fait forte impression mercredi soir.

Toutes bonnes à dire?

Le débat tournait autour du thème de la liberté d'expression et de la question: «Toutes les opinions sont-elles bonnes à dire?» Si elle n'est pas nouvelle, cette question demande une réponse dans l'actualité du moment. Un an après le début des gilets jaunes, Darius Rochebin a déjoué le piège de la condescendance du journaliste suisse face à la problématique française. Mais il a asséné pas mal de vérités.

Une double haine

À la question de savoir comment il percevait depuis la Suisse romande le contexte du débat en France, il a répondu: «La montée de la haine, de l'injure, de l'excès, chez vous Français, est quelque chose d'assez effrayant». Prenant l'exemple du patron franco-ivoirien du Crédit suisse Tidjane Thiam, qu'il a interrogé il y a quelques temps, le journaliste a indiqué que les réactions côté français ont été marquées par une «double haine, de classe et raciste», de manière «fascinante et effrayante».

«Pardon, je vais faire cuistre»

Dans le climat actuel, qui lui rappelle sous certains aspects celui des années 1930, Darius Rochebin a regretté la perte de crédibilité des «opinions mesurées». Prudemment, il s'est gardé de dire que tout allait bien en Suisse, mais son système politique «intègre tout le monde au gouvernement» et marginalise les extrêmes populistes par la démocratie directe: «Cela fait baisser une tension qui chez vous demeure».

Pour une indulgence élevée

Enfin, il a mentionné la philosophe suisse Jeanne Hersch, citant Périclès. «Pardon, je vais faire cuistre...», a-t-il prévenu avant de faire un court plaidoyer pour l'indulgence «la plus élevée possible» dans le débat, mais qui a ses limites quand certains aux extrêmes gauche et droite incitent à la haine des journalistes. «C’est bien vu de la part de ce Suisse», a commenté un des nombreux Français à avoir réagi à son intervention.

Eric Felley

Le Matin