2019-11-08 11:47

«Gentleman» condamné à 6 ans: son avocate va faire recours

Valais

Six ans de prison ferme pour le Valaisan qui aurait abusé de jeunes femmes lors de soirées arrosées. Son avocate Aline Bonard estime que l'enquête a été exclusivement à charge. Il y aura un autre procès.

L'avocate Aline Bonard estime que son client n'a pas eu droit à une instruction équilibrée et que les femmes qui faisaient la fête avec lui portent une part de responsabilité.

L'avocate Aline Bonard estime que son client n'a pas eu droit à une instruction équilibrée et que les femmes qui faisaient la fête avec lui portent une part de responsabilité.

(Photo: DR)

  • lematin.ch

«Mon client m’a demandé d’interjeter un appel et je considère sa démarche comme justifiée. La motivation orale communiquée par le tribunal me paraît effectivement attaquable sur différents points.» Au lendemain de la condamnation de son client en Valais pour contrainte sexuelle, tentative de viol et actes sexuels sur des personnes incapables de résistance, Me Aline Bonard, avocate à Lausanne, précise que l'affaire n'en restera pas là.

Consentantes...

Jeudi, la cour du tribunal de première instance de Martigny-St.-Maurice a estimé que les témoignages des cinq plaignantes contre lui étaient «crédibles et convaincants». Ce Valaisan de 31 ans avait ramené chez lui des femmes qui avaient passablement bu en sa compagnie et qui ont estimé qu'il avait abusé d'elles en raison de leur état. Le prévenu, en prison préventive depuis 24 mois, déclare quant à lui qu'il est innoncent et qu'il n'a «jamais obligé quiconque à faire quoi que ce soit». En d'autres termes, s'il y a eu des relations à caractère sexuel à ces occasions, les personnes étaient consentantes.

Instruction biaisée ?

Pour l'avocate, qui a plaidé l'acquittement, les femmes devraient assumer leur comportement durant ces soirées imbibées et elle conteste ainsi une incapacité totale de résistance au sens de l'article 191 du Code pénal. Elle critique également une instruction biaisée. Selon elle, les contradictions mises en lumière par différents messages envoyés par les protagonistes «affaiblissent considérablement les déclarations des plaignantes» et il n'en est pas tenu compte. Ce sera donc au Tribunal cantonal valaisan de rejuger ces faits.

Eric Felley

Le Matin