2019-01-11 14:51

Charge grossière: le pire? Personne n’est surpris

Hockey sur glace

La charge virulente de Marc Wieser sur Eric Martinsson n’a quasi aucune conséquence. Et ce n’est même pas étonnant.

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(Photo: Sport-Center)

  • Grégory Beaud

Que fera Marc Wieser vendredi prochain? Après avoir terminé de purger les deux derniers matches de ses trois matches de suspension ce week-end contre Berne et Zurich, il sera de retour sur la glace face à Rapperswil. Comme si de rien n’était ou presque. Il aura juste été délesté de 5100 francs d’amende. La belle affaire.

Et que fera Eric Martinsson, au même moment? Il sera toujours en train de se demander par quel miracle il n’a pas eu la nuque brisée par l’ailier du HC Davos. Et il se demandera à quel moment il pourra rechausser les patins. Et à quel moment les effets de sa commotion s’estomperont enfin.

Séché dimanche dernier par l’ailier du HC Davos, le défenseur suédois en a pour plusieurs semaines - dans le meilleur des cas - avant de pouvoir imaginer jouer à nouveau en National League. Mais le pessimisme entourant le joueur genevois est de rigueur. Après avoir «versé» dans le vestiaire, il avait terminé son dimanche à l’hôpital de Davos. Outre la tête, tout le côté gauche a été sérieusement touché.

Le hockey est certes un sport de contacts et cela fait partie «des risques du métier». C’est un fait lorsque le-dit métier est exercé de manière correcte. Mais la sanction risible infligée à Marc Wieser a dû faire quasi autant mal à Eric Martinsson que la charge elle-même. Comment peut-on légitimer une suspension de seulement trois matches alors que le coupable n’a aucune (AUCUNE!) circonstance atténuante à faire valoir? Le Genevois a-t-il changé de direction au dernier moment? Non! Marc Wieser n’avait-il aucun moyen d’éviter le Grenat? Non! Est-ce la faute à pas de chance? Encore moins!

S’il fallait la définition de la pire charge possible, elle serait la suivante: en pleine vitesse, dans le dos et à deux mètres de la bande. «L’oeuvre» de Marc Wieser en ce sens, coche toutes les cases pour être classée dans cette catégorie.

Déjà pas cher payé

Pour toutes ces raisons, la sanction à l’encontre du joueur grison aurait dû être exemplaire. Cinq matches de suspension auraient dû être le strict minimum. Surtout que le Davosien n’est pas un jeune joueur (il a plus de 650 matches de ligue nationale à son actif) et qu’il a déjà été pris à plusieurs reprises par la patrouille. Problème? Si la patrouille ne vous donne que 30 francs d’amende et une pichenette pour un gros excès de vitesse, allez-vous sérieusement lever le pied?

On adorerait écrire que, pour une fois, le juge unique n’a pas visé juste. Que cette sanction est à classer dans la catégorie «erreurs de parcours». Mais hélas ce n’est pas le cas. Bien que flanqué de deux Player Safety Officer (des responsables de la sécurité (!) des joueurs), le regard du juge unique n’en est pas devenu plus aiguisé pour autant. La recommandation du PSO? Entre deux et cinq matches. Et ce n’était déjà pas cher payé. En n’envoyant pas un message clair, la Ligue continue de mettre en danger ses joueurs. Cette fois-ci, c’est Eric Martinsson qui en a fait les frais.

Et toujours cette sale impression que les sanctions sont fixées à l’aide d’une roulette. Cette fois-ci, la boule s’est arrêtée sur le «3». Pour Reto Schäppi, auteur d’une vilaine charge sur Julien Sprunger mais sans commune mesure avec celle de Marc Wieser, c’était le chiffre «2». La différence entre les deux sanctions est-elle proportionnelle à la différence de gravité entre les deux charges? On ne prend même pas la peine de répondre à cette question. Les images de l’autre charge suffisent.

Le Matin