2019-03-14 17:42

Pourquoi Berne semble tout à coup prenable?

Hockey sur glace

Depuis le début des play-off, l’Ours ne fait pas aussi peur qu’en saison régulière. De quoi instiller un petit doute.

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(Photo: Keystone)

  • Grégory Beaud

Soyons clairs. S’il fallait engager ses économies sur un pari «Qui sera champion de Suisse?», il se peut bien que la mise soit déposée sur le CP Berne. Mais après une petite semaine de play-off, la confiance ne serait pas aussi grande que samedi dernier, avant le coup d’envoi de l’acte I face à GE Servette. Non, l’équipe de Kari Jalonen que l’on a vu depuis le début de ces séries éliminatoires semble même avoir quelques lacunes qui pourraient lui causer quelques problèmes dans la suite de ces séries éliminatoires si une amélioration notable n'est pas décelée.


Profondeur sur les ailes

Outre le trio de puncheurs Tristan Scherwey, Thomas Rüfenacht et Simon Moser, les ailiers de la capitale peinent à faire la différence. Simon Bodenmann et Mason Raymond (35 points chacuns la saison dernière) n'ont pas été remplacés en terme de qualité par Grégory Sciaroni, Daniele Grassi, Jan Mursak ou encore Matthias Bieber. Alors certes la colonne vertébrale des joueurs de centre est fantastique. Les Mark Arcobello, Gaëtan Haas et Andrew Ebbett n'ont pas d'égal dans la ligue. Si les ailes étaient à la hauteur, ce CP Berne pourraient déjà planifier le parcours du bus en ville pour fêter le titre.


Play-off vs saison régulière

Cette équipe de Berne est une excellente formation de saison régulière. La constance de ses résultats soir après soir l'a prouvé de septembre à février. Et en play-off? La saison dernière, les Ours avaient été éliminés en demi-finale. De quoi potentiellement émettre quelques réserves sur le contingent? Possible. Lors du dernier titre, en 2017, le SCB pouvait compter dans ses rangs un certain Martin Plüss et un Eric Blum plus en jambes qu'à l'heure actuelle. L'heure est désormais aux nouveaux leaders de prendre leurs responsabilités. Nul doute que tous sont capables de l'être. Après une saison 2017-2018 à oublier, il est l'heure de prouver quelque chose.


L'absence de Ramon Untersander

Le défenseur international a vécu une saison chaotique perturbée par une commotion cérébrale. Aujourd'hui, il est proche d'un retour, mais la date n'a pas encore pu être arrêtée. Sa présence à la ligne bleue, notamment en supériorité numérique, fait sacrément défaut aux Bernois. L'équipe de Kari Jalonen n'a d'ailleurs toujours pas marqué avec un homme de plus sur la glace malgré 11'19 de power-play. Si l'on ajoute à son absence le départ de Maxim Noreau (3'22'' de power-play la saison dernière), les unités spéciales doivent se réinventer. Avec un seul arrière sur chaque ligne - Calle Andersson et Eric Blum -, le puck est moins virevoltant à la ligne bleue. De quoi poser un petit souci.


Recrutement

S'il est un point où le CP Berne n'a historiquement pas à se plaindre, c'est au niveau de ses renforts. Pourtant, cette saison pourrait être l'une des premières depuis un bout de temps où la quantité a été privilégiée à la qualité. Ainsi Alex Chatelain est allé chercher deux joueurs chez le relégué Kloten (Bieber et Grassi). Le directeur sportif a en outre enrôlé Grégory Sciaroni dont le pedigree en play-off n'a rien de fantastique. En 66 matches de play-off durant sa carrière, il ne compte que 18 points dont seulement six buts. Jan Mursak, lui, peine à convaincre. Le départ de l'international Simon Bodenmann et la retraite du remuant Mason Raymond (35 matches, 35 points) n'ont ainsi que numériquement été compensés.

Il va sans dire que toutes les pièces du puzzle peuvent être mises bout à bout pour, au final, réaliser des séries éliminatoires correctes voire fructueuses. Mais en l'état, le CP Berne n'a rien d'un rouleau compresseur.

Le Matin