2019-02-11 09:58

Tout le monde est heureux, sauf les Autrichiens

Ski alpin

Au terme de la première semaine de compétition aux Championnats du monde, tout le monde a trouvé son bonheur en Suède. Sauf nos meilleurs ennemis.

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  • Florian Müller

  • Are

Les épreuves de vitesse des 45e Championnats du monde de ski alpin sont désormais entrées dans l’histoire – reste encore la discipline polyvalente du combiné lundi. Et à l’heure du bilan, un constat divertit. Toutes les nations historiques du ski alpin ont trouvé leur bonheur, sauf la d’habitude si dominante Autriche.

La Suisse est comblée. Ok, aucune médaille chez les garçons, mais Beat Feuz a vraiment fait de son mieux - quatrième en descente - dans des formats de course souvent douteux. Heureusement les filles font mieux que sauver l’honneur. Wendy Holdener a défendu victorieusement son titre de championne du monde de combiné et Corinne Suter a décroché deux médailles – argent en descente et bronze en super-G – qui relèvent du domaine de l’inespéré. Trois breloques, pour une nation qui rêve d’en ramener cinq: la Suisse est sur les bons rails avant la semaine des épreuves techniques.

La France est satisfaite. Elle n’espérait que très peu des épreuves de vitesse, il en sera autrement la semaine prochaine. Johan Clarey a décoché l’argent en super-G et c’est une magnifique prestation en soi – l’homme, à 38 ans, est devenu le plus vieux médaillé mondial de l’histoire. Rarement une médaille n’avait été autant méritée.

L’Italie s’est rassurée. La nation transalpine n’avait obtenu qu’une seule médaille de bronze il y a deux ans de cela à Saint-Moritz. Avec les distinctions conjuguées de Sofia Goggia et Dominik Paris en super-G, la Squadra a accompli haut la main sa mission. Ça risque d’être plus compliqué en deuxième semaine.

La Norvège a cartonné. Avec la médaille de bronze de Ragnhild Mowinkel en combiné et surtout le doublé Jansrud-Svindal en descente, les attacking vickings ont perpétré la tradition selon laquelle ils répondent toujours présent dans les grands moments. Les supporters norvégiens, venus en nombre samedi pour l’épreuve reine, ne se sont pas fait prier pour célébrer leurs héros.

Les Etats-Unis ont emballé. Mikaela Shiffrin a décroché le titre mondial en super-G pour la première fois de sa carrière – sa quatrième médaille mondiale à 23 ans seulement – et Lindsey Vonn s’est offert l’épilogue dont elle rêvait. Son happy end est bon pour réjouir les foyers du Minnesota.

Et les Autrichiens alors? Vincent Kriechmayr a remporté deux médailles – argent en super-G et bronze en descente. C’est bien, mais c’est de loin pas assez pour l’Autriche. L’homme, vainqueur à Wengen, visait l’or dans les deux disciplines au bout d’une saison qui l’aura vu arriver à maturité et sur une piste qui taillée pour son profil. Quant à Matthias Mayer, champion olympique de descente comme de super-G, aux avant-postes lors des entraînements, il est passé au travers. La moyenne, tout juste, pour les garçons. Côté féminin, le constat est cette fois particulièrement cruel. Les Autrichiennes avaient remporté cinq des six descentes de la présente saison de Coupe du monde ainsi que le dernier super-G en date. Résultat des courses: rien, nada, que tchi. Après une semaine, aucun ostrogoth n'est encore champion du monde. Ça pique, comme le vent polaire. Il n’y a qu’à contempler la gueule de trois kilomètres de long que tirent les journalistes autrichiens en salle de presse pour finir de dresser le tableau.

De cette vision trop rare, il faut profiter; à condition évidemment que la «schadenfreude» soit de bon cœur. Surtout que ça ne va pas durer. Cette semaine, un certain Marcel Hirscher posera ses valises à Åre.

Le Matin